Sedyl - Structure et Dynamique des Langues - UMR8202 - CELIA


Archives de la recherche

Séminaires

4. Théories et données linguistiques
Animé par Anaïd Donabédian et Alexandru Mardale (INALCO, SeDyL)

L'objectif du séminaire est de sensibiliser les étudiants aux recherches linguistiques articulant à la fois les théories linguistiques (quelles qu'elles soient) et l'attention aux données et à la diversité des langues, à travers des interventions de chercheurs de SedyL ou de l'Inalco, ou de chercheurs invités, ainsi que de présentations des travaux des mastérants ou doctorants.

Le séminaire aura lieu de 14h30 à 17h30 aux dates suivantes : 16 oct., 13 nov., 11 déc. 2020, 12 fév., 12 mars, 9 avril et 14 mai 2021.

Compte tenu des conditions actuelles, le séminaire est programmé en ligne via Zoom

Nous espérons pouvoir revenir au format présentiel à partir de février.


Vendredi 16 octobre
Sophie Rose-Herrier (INALCO- SeDyL)
La prosodie des marqueurs discursifs et son impact sur leur sens : le cas de vidimo en russe contemporain.
Les marqueurs discursifs (à présent MD) forment une classe d'unités dans la langue, au même titre que les autres parties du discours (verbes, noms, etc). Cela signifie donc qu'ils ont une sémantique, une syntaxe et même des propriétés sur le plan prosodique, cela a été notamment montré dans le numéro de Langages 207 (2017) qui leur a été consacré. Ils introduisent une partie de l'énoncé, un mot ou un énoncé entier que l'on appelle leur portée. Leur impact sur cette portée varie en fonction du type de marqueur, mais leur point commun est qu'ils présentent son contenu comme une possibilité parmi d'autres, sélectionnée par l'énonciateur parmi d'autres alternatives. Ainsi, la portée, au lieu d'être une information objective, devient un élément subjectif.

(1) Zdorov'e portitsja. Vidimo,[načinaetsja bolezn' Parkinsona.] Kniga trjasëtsja v eë rukah.
"Sa santé se dégrade. Apparemment, elle est atteinte de la maladie de Parkinson. Entre ses mains, les livres tremblent." (L. Ulickaja, Sonečka, traduction de S. Bénech, 1998)

La portée entre crochets est une hypothèse qui émane de l'énonciateur et qui a été choisie dans un paradigme de possibilités (les différentes maladies correspondant à ces symptômes) avec la présence d'une justification à droite.
Dans le cadre de ma thèse qui porte sur une série de MD épistémiques formés sur la racine "voir" du russe contemporain, je me suis penchée sur les propriétés prosodiques des MD qui s'avèrent être déterminantes pour étudier leur impact sur l'énoncé qui les contient. Il faut savoir que l'importance de la prosodie dans l'étude des MD est défendue par de nombreux linguistes, dont Kobozeva et Zaharov (2004) pour le russe qui ont montré des résultats surtout sur des particules (a "mais", vot "voici" etc.) mais aussi des MD comme vvobče "en général".
Je vais montrer dans cette présentation que l'on peut distinguer deux cas : le détachement ou non-détachement du marqueur par rapport à sa portée, comme l'avaient proposé Bonnot et Kodzasov (2001) pour dejstvitel'no "effectivement". Il s'agit donc de développer ce concept grâce à des matériaux étudiés avec le logiciel Praat, ainsi que de montrer qu'il ne se limite pas au russe.


Séance du vendredi, 13 novembre 2020, à 14h30
Participer à la réunion Zoom
Hélène Gérardin (INaLCO - SeDyL)
Vers une classification typologique des verbes géorgiens
Cette intervention vise à présenter les résultats d'une recherche de plusieurs années consistant à établir une classification typologique exhaustive des verbes géorgiens. Le géorgien, langue caucasique du Sud, est caractérisé par un système verbal particulièrement complexe, dans lequel le marquage et l'indexation des actants sont conditionnés par un grand nombre de paramètres : personne, nombre, temps/aspect/mode, valence, voix, classe de verbes, etc. La classification des verbes la plus communément admise jusqu'à présent repose sur la grammaire traditionnelle. Or, cette approche, trop calquée sur les langues indo-européennes anciennes, brouille en de nombreux endroits les données, engendrant des problèmes d'interprétation pour certains non encore résolus. La classification que nous proposons dans cette intervention s'appuie sur des critères exclusivement typologiques. Nous montrerons que si l'on s'en tient à une définition rigoureuse des critères de classification et à une séparation stricte des niveaux morphosyntaxique et sémantique, on aboutit à un système d'une étonnante cohérence. La classification ainsi obtenue se compose d'une trentaine de classes de verbes, au sein desquelles l'unité morphosyntaxique se double d'une unité sémantique. Cet exposé, établi à partir de données de première main, entend d'une part proposer une nouvelle analyse du verbe géorgien et d'autre part fournir, par les données géorgiennes, une illustration pertinente aux concepts linguistiques ayant trait au verbe (valence, voix, transitivité, etc.).

Séance du vendredi, 11 décembre 2020, à 14h30
Participer à la réunion Zoom
Alexandru Nicolae (Romanian Academy’s Institute of Linguistics, University of Bucharest)
Diachronic Variation and Change in the Word Order of Romanian
The goal of this talk is to provide an exhaustive description and analysis of the major word order changes affecting the clausal and the nominal domains in the passage from Old to Modern Romanian, couched within an up-to-date theoretical framework. After introducing periodization of the Romanian language and the methodology, we set out to discuss the major points in diachronic word order variation. In order to genuinely depict and describe diachronic variation, the Old Romanian data are set in contrast with the Modern Romanian ones. The talk is explicitly comparative: (Old) Romanian is contrasted with older stages of its sister Romance languages, but also with the languages spoken in the Balkan Sprachbund, all with the explicit goal of identifying the particular features of Romanian.

Année 2019-2020

Séance du vendredi 18 octobre 2019
Kirill Ganzha (INALCO)
Difficultés spécifiques des francophones dans la production de l'accent lexical russe     
                                                                                                                     Résumé
&
Isabelle Bril (Lacito-CNRS)
Lexical restrictions on grammatical relations and voice consturctions in Amis      
                                                                                                                     Résumé

Séance du vendredi 15 novembre 2019
Dorian Pastor (Etudiant à l’EPHE) L’emploi du subjonctif persan et de l’optatif turc dans l’expression du prospectif
Le subjonctif en persan et l’optatif en turc peuvent-ils dénoter le prospectif ? C’est l’hypothèse de départ de cette étude qui vise analyser l’emploi du mode du souhait du turc et du persan et sa possible expression du prospectif, une catégorie linguistique définie par Comrie (1976) comme un fait attendu, une action ultérieure au moment où elle est exprimée (en français, être sur le point de).
Korn & Nevskaya (2017) produisent un ouvrage destiné à la description du prospectif dans des langues géolocalisées en Eurasie et dans lequel y est également décrit le prospectif en turc et en persan. Or, dans le cas de ces langues, le subjonctif n’y est pas mentionné.
Notre étude se base sur la variante parlée du persan (Téhéran) et du turc avec un corpus entièrement constitué d’extraits issus de conversations orales et écrites (message sur internet, sms, etc.) dans un registre informel.
&
Anaïd Donabédian, Outi Duvallon  (SeDyL UMR8202, Inalco – CNRS) Nom nu, agglutination et individuation, le cas de l’arménien et du finnois
Cette séance se déroulera sous la forme d’un échange sur la base de leurs travaux sur cette question. Après une présentation générale de la notion de nom nu, cette dernière sera située dans le système des deux langues abordées ici, qui partagent certains traits typologiques :
- au plan morphologique, l’agglutination qui n’est absolue ni en finnois (où le statut du nominatif est, de ce fait, problématique) ni en arménien,
- pour ce qui est de l’expression de la détermination, l’arménien a un article, mais pas le finnois,
- pour ce qui est de la valeur de la forme nue vis-à-vis de l’opposition de nombre, ce qui implique des similarités et des différences dans la façon de mobiliser ces marques pour exprimer l’individuation, et soulève du même coup la question plus générale de la notion de pluralité et de sa construction linguistique.
Références :
Duvallon, Outi (2019), « Pluralité indéfinie et individuation de la référence: les quantifieurs finnois moni et monta ‘plusieurs’», in Bonnot, Duvallon, de Penanros, Individuation et référence nominale à travers les langues, Lambert-Lucas, 2019, p. 79-104
Donabedian, A. « Nom nu et tropisme typologique : le cas de l’arménien »,  in Floricic F. (ed.), Essais de typologie et de linguistique générale, mélanges offerts à Denis Creissels, Lyon, ENS Editions, 2010, 403-416
Donabedian, A., « Неоформленный субъект в западноармянском языке — к вопросу о неаккузативности », 1/2010, 24-45 (élaboration d’un travail paru en français : « Sujets nus en arménien ; inaccusativité ou énonciation?», in Le sujet, une catégorie en question, Cahiers de Linguistique de l’Inalco, 6/2006-2007, 129-153)
Donabédian, A., « Le pluriel en arménien moderne », in Faits de Langues, 2/1993, 179-188.)

Séance du vendredi 28 février 2020
Christine Bonnot (INALCO)
Variations de l'ordre linéaire et construction de la temporalité dans les textes narratifs en russe contemporain    Résumé
&
Arayik Hayriyan (INALCO)
Construire une base empirique pour étudier le marquage différentiel de l'objet en arménien moderne     Résumé

 

Année 2018-2019

Séance du vendredi 19 octobre 2018
Katherine Hodgson (INALCO) & Adam Ledgeway (Université de Cambridge)

Séance du vendredi 9 novembre 2018
Colloque International : Microvariation dans le marquage différentiel de l'objet roman                                                                                                                                             
Programme

Séance du vendredi 14 décembre 2018
Julie Haslé (INaLCO)
Étude des marqueurs des constructions analytiques du réfléchi et du réciproque en arabe du Caire
Nous proposons d'étudier les marqueurs des constructions analytiques du réfléchi et du réciproque en arabe du Caire. Il s'agit de nafs pour le réfléchi, et baˁḍ pour le réciproque.
Nous avons observé que les rôles syntaxiques ne sont pas modifiés par les constructions analytiques. Les deux marqueurs ont en commun de construire a posteriori la réorganisation des rôles sémantiques. Une approche notionnelle associée à la reconnaissance du rôle de la structure actancielle dans l'étude des marqueurs diathétiques a également permis d'identifier des structures qui empruntent à ces modèles.
Dans les deux cas, il s'agit de marqueurs re-caractérisés pour leur fonction diathétiques, et non de marqueurs propres à cet emploi. Par la comparaison des caractéristiques fonctionnelles et notionnelles de ces mots lorsqu'ils occupent d'autres fonctions syntaxiques, il est possible d'appréhender les critères de leur sélection en marqueurs de diathèse.
L'identification d'un ensemble de traits notionnels associés à ces mots a enfin montré des valeurs associées aux constructions analytiques du réfléchi et du réciproque, et d'éclairer ainsi les motifs de l'emploi de deux marqueurs distincts.
&
Tom Durand (SeDyL UMR 8202 CNRS INaLCO IRD)
La transitivité scindée en wayuu: Facteurs lexicaux et grammaticaux
La langue wayuu (famille arawak) a reçu l'attention de nombreux typologues en raison de la structure actancielle variable de ses constructions intransitives comme transitives. Pour ces dernières, il existe deux modèles qui se distinguent par l'encodage de l'agent du verbe transitif. D'après plusieurs auteurs (Álvarez (2002), Sabogal (2018)), cette scission au sein des verbes intransitifs dépend de la définitude et d'autres facteurs pragmatiques. L'objectif de cette présentation est de démontrer que cette scission est également influencée par des facteurs lexicaux et grammaticaux. Plus précisément, j'affirme que les verbes de perception (sensorielle comme mentale), la modalité ainsi que des morphèmes liés à la non-finitude imposent tel ou tel marquage actanciel. Pour ce faire, je m'appuierai sur des données de première et seconde main (élicitées et semi-directifs), et ce, au travers d'une étude historique et comparative au sein de la branche caribéenne de la famille arawak

Séance du vendredi 8 février 2019
Sopheap Nou
, INaLCO
Krup et roal : la détermination et la quantification de la langue khmère contemporaine
    En khmer, un syntagme nominal (SN) est formé de deux termes : un nom (N) support (déterminé) et un terme considéré comme apport (déterminant). En général, le N déterminé précède un ou plusieurs déterminant(s). Les déterminants peuvent être un N, un qualificatif, un numéral, un classificateur ou un quantifieur, un démonstratif ou un possessif. Dans le cadre de cette étude, krup et roal, font partie des rares déterminants qui précèdent le N. Ces deux mots occupent la même position dans un SN.
      De manière générale, les dictionnaires cambodgiens et les ouvrages de grammaire du khmer ne font pas de distinction entre les valeurs sémantiques de krup et celles de roal. Ils considèrent ces deux mots comme quasi-synonymes : krup est traduit par « tous, tout, totalité, complet, suffisant, chaque » et roal par « chaque, tous, tout ». Or la théorie des opérations énonciatives nous apprend que les mots qui semblent pouvoir être employés de la même manière ont en fait des emplois spécifiques dont la grammaire traditionnelle ne rend pas vraiment compte.
    Il est intéressant de remarquer que krup et roal renvoient tous les deux à la notion de « pluralisation ». Ils ne précèdent que les N qui renvoient à plusieurs occurrences qui constituent un ensemble. Mais quels sont alors les caractéristiques qui distinguent krup de roal ?
    Pour répondre à cette question, il est nécessaire de décrire tous les emplois de krup et de roal. Ce travail se déroulera en deux temps : d’une part, une caractérisation « interne » de la sémantique de krup et de roal, et d’autre part, une caractérisation « externe » qui explicite les propriétés des séquences dans lesquelles peuvent apparaître ces deux mots.
&
Fida Bizri, INaLCO - SeDyL
La langue comme outil pédagogique émancipateur
Cette présentation fait le point sur une expérience pédagogique que j'ai menée à l’INALCO auprès d’un groupe d’étudiant.e.s dits en difficulté que j'étais chargée d’initier à des bases de linguistique leur permettant de mieux s'insérer dans leur cursus Langues’O. Comment parler de COD à des jeunes qui ont en tête des questions autrement plus douloureuses que l'ordre des mots ? Qui a inventé ce sigle de COD et pourquoi l'incapacité à décoder son mystère devrait être si stigmatisante ? Par où commencer? L'idée est venue d'eux. Après un temps où je me suis retenue de leur imposer un enseignement 'de trop', de peur d'étouffer leurs interrogations qui peinent à se formuler, des questions timides quoique rebelles commencent à se faire entendre : "Comment naissent les langues et qui les invente d’ailleurs?" Le "d’ailleurs" en disait long sur leur désarroi, et c'est ainsi que je les ai accompagné.e.s dans l’invention d’une langue de A à Z, et guidé.e.s pour  accoucher de questions linguistiques pertinentes, plutôt que de les noyer sous des réponses à des questions qu'ils ne se sont jamais posées, par manque de docilité et non de créativité. Ils ont appelé leur langue FENISY THRAPUNJ, terme auquel ils ont donné le sens de "langue (THRAPUNJ) des Derniers Qui Seront les Premiers (les FENISY)". Eux qui, en quelques séances, ont inventé une langue qu’ils sont déjà capables de parler, pourquoi peinent-ils tant à apprendre la langue’O dans laquelle ils sont inscrits ? N’est-ce pas là une question qui devrait être soumise au système plutôt qu’aux étudiants en échec ?

Séance du vendredi 15 mars 2019
Álvaro Diez Alejandre (Université Paris Sorbonne Nouvelle)
Les relatives en popoluca de Texistepec
&
Lamphoune Soundara (Inalco/SeDyL)
Quelques aspects syntaxiques du kmhmouʔ  
                                                                                                        Résumés
 
Séance du vendredi 12 avril 2019
Jean-Baptiste Lamontre, M2 INaLCO
La morphologie verbale du kulung : reconstruction interne et comparaison
&
Iliyana Krapova, University Ca' Foscari, Venise
Factives and the left peripheery of the Balkan clause
                                                                                                         Résumés

Séance du vendredi 17 mai 2019
Cette séance sera dédiée aux présentations des travaux des étudiants.
Dimitri Koutsivitis, INaLCO Master 2
La latinisation du grec moderne dans les communications virtuelles à travers le prisme du métrolinguisme
Lors de l’avènement des ordinateurs personnels dans le quotidien, au tournant du siècle dernier, les alphabets non latins n’étaient pas disponibles pour la rédaction de textes. Les locuteurs des langues concernées ont dû se résoudre à utiliser l’alphabet latin pour transcrire ou translittérer leurs communications. Le développement d’autres modes de saisie est désormais démocratisé et l’on peut donc écrire le russe, le chinois ou le grec à l’aide de leurs alphabets ou logogrammes habituels. Cependant le phénomène de la latinisation de ces langues persiste. En Grèce, nombre d’internautes utilisent encore cette graphie, communément appelée greeklish. En effet, les communications virtuelles sont aujourd’hui monnaie courante et l’alphabet latin continue à être préféré par une partie non-négligeable des hellénophones (ou hellénographes). Ayant été l’objet de débats publics, ce phénomène linguistique est parfois vu comme une menace à l’identité grecque, représentant une mondialisation acculturante et destructrice.
    La diversification des pratiques langagières et graphiques est-elle vraiment déplorable ? Le greeklish, constitue-t-il une étape vers le remplacement de l’alphabet grec par l’alphabet latin, ou pire de la langue grecque par l’anglais ? La présente recherche, tente de montrer que les communications virtuelles et les moyens inventifs et ludiques qui en sont issus participent à un enrichissement des ressources linguistiques à la disponibilité du locuteur. Dans la lignée de Otsuji et Pennycook (2009), nous étudions le phénomène dans le prisme du métrolinguisme : le greeklish comme une forme de « rejet des pratiques ortholinguistiques donnant naissance à de nouvelles possibilités ». De telles pratiques ne seront pas nécessairement étudiées comme un mélange de langues mais comme l’émergence même d’une nouvelle codification d’un langage moderne, urbain et hyper-connecté.
    Nous utilisons les résultats d’un questionnaire semi-directif en ligne datant de l’été 2018, des interviews et un recueil de témoignages en ligne. L’analyse détaillée de communications virtuelles (chats, e-mails, publications) permet également de dégager une typologie de comportements des rédacteurs de greeklish (qui n’a pas de règles orthographiques précises, oscillant entre transcription phonétique et translittération symbolique) et d’interroger une éventuelle normalisation de cette graphie.
 

Année 2017-2018

Séance du vendredi 20 octobre 2017
Ioanna Sitaridou (Université de Cambridge, Royaume Uni)
Romeyka: continuity, contact and change at the north-eastern extremity of the Greek speaking world
In this talk, I discuss the evolution of Pontic Greek within the broader context of Asia Minor Greek. Given the lack of sufficiently old textual evidence, which would normally provide clues as to the evolution of Pontic Greek,  the conservative character of Romeyka, an endangered Greek variety still spoken in the area of Black Sea in Turkey, means that it can be used as a “window on the past” thus allowing us to tell a (his)story of continuity, contact and change from Hellenistic times to present day.

Séance du vendredi 15 décembre 2017
Okan Kubus (Université de Hambourg)
Relativization Strategies in Turkish Sign Language
(la communication sera donnée en langue des signes avec un interprète)
This paper aims to illustrate relative clause constructions in Turkish Sign Language (TİD). The signers of TİD prefer circumnominal and postnominal strategies, and Nonmanuals (i.e. squint, brow raise or slight-headshake) and occasionally additional relativizers (i.e. clause initial Index sign, clause final Index sign, AYNI ‘same’ or different combinations of them) mark relative clauses in TİD. An empirical investigation of relativization strategies in TİD at discourse level suggests that the usage of nonmanual markers and relativizers does not seem to be fully systematic. I suggest that the nature of relativization in TİD can be better understood at discourse level and that there might be a grammaticalization process in the direction of increasing syntactic marking of relative clauses.

Séance du vendredi 19 janvier 2018
Utiliser les cartes en linguistique
Présentation et Formation au package Lingtypology développé par George Moroz (Moscou), par son auteur.
Attention, un ordinateur portable est requis, avec les logiciels R et Rsudio.
Inscription indispensable
Lingtypology
package connects R with the Glottolog database (v. 2.7) and provides additional functionality for linguistic mapping. The Glottolog database contains the catalogue of the world's languages. This package helps researchers to make linguistic maps, using philosophy of the Cross-Linguistic Linked Data project, which uniform access to the data across publications. This package is based on leaflet package, so Lingtypology package is a package for linguistic interactive mapping. During the course I'll show how to work with lingtypology, and how to create your own maps for publications and interactive sites. Previous knowledge of R is welcomed but not mandatory.
Requirements: laptop or PC with R and RStudio.

Séance du vendredi 16 février 2018
Présentations des travaux des étudiants en Master 2
Question des liens entre prosodie, ordre linéaire et aspect verbal dans les questions ouvertes en russe contemporain
Aurélien Diéterlé, M2 SDL LLTS INaLCO
Par aspect verbal, nous entendons l’ensemble des procédés permettant d’exprimer la manière dont le locuteur envisage le procès représenté par le verbe. Le locuteur traduit ainsi un point de vue spécifique sur la situation extralinguistique en cours, conditionné par des stratégies ou situations de communication. Le russe contemporain distingue entre l’aspect perfectif et l’aspect imperfectif.
Notre problématique fait suite au constat que, dans certains énoncés, le locuteur traduit une action du passé par un verbe imperfectif alors que, contextuellement, le procès a bien été mené jusqu’à son terme et a débouché sur un état nouveau. En d’autres termes, le locuteur choisit de ne pas rendre l’incidence, pourtant démontrable, du procès sur la situation en cours, ce qui aurait dû mener à l’utilisation d’un verbe perfectif. Le lien avec la division actuelle se pose dans la mesure où des chercheurs comme J. Forsyth (1970) ont remarqué que ce phénomène était particulièrement fréquent dans des énoncés apportant ou demandant des précisions sur un procès déjà connu. Le choix de faire porter ce travail sur les interrogations ouvertes n’est pas anodin. Dans nos énoncés, indépendamment de l’aspect, le dictum, déjà partiellement connu, est toujours le même : « un procès dont l’accomplissement a eu des conséquences au plan extralinguistique ». Par conséquent, que dénote, au niveau informatif, la variation aspectuelle ? Pourquoi pour exprimer une action achevée connue, le locuteur choisit-il de rendre celle-ci par un verbe imperfectif, là où le caractère résultatif de l’action semblait acquis ?

Aperçu de la phonologie et de la morphologie dans trois dialectes suédois d’Estonie
Émile Faure, M2 SDL LLTS Université Paris 3 Sorbonne Nouvelle - INaLCO  
      Les Estlandssvenskar étaient des communautés svécophones présentes sur le territoire de l’Estonie jusqu’à la Seconde Guerre Mondiale. Ces derniers vivaient principalement sur les côtes et les îles du nord-ouest du pays. Ces Suédois seraient arrivés dans le sillage de la colonisation allemande de la région baltique au XIIIe siècle. Toutefois, les occupations allemandes et soviétiques de la Seconde Guerre Mondiale ont eu pour conséquence le déplacement de la quasi-totalité de la population suédoise d’Estonie vers la Suède.
      Les idiomes de ces communautés suédoises, communément appelés dialectes suédois d’Estonie, sont de nos jours presque éteints puisqu’il ne resterait qu’une centaine de locuteurs âgés.  De plus, ces dialectes ont peu fait l’objet de travaux linguistiques. Des généralités ont ainsi été réalisées sur le diasystème que constituent les dialectes suédois d’Estonie, les caractérisant par leur archaïsme.
    Notre présentation proposera dans un premier temps un aperçu historique de ces communautés suédoises ainsi que de l’environnement linguistique de l’Estonie. Dans un deuxième temps, nous aborderons brièvement le groupe des langues scandinaves sous une approche comparative avec quelques éléments diachroniques. Enfin, dans un dernier temps, nous exposerons des variables structurales dans trois dialectes du diasystème, notamment dans la phonologie et la morphologie à partir de textes écrits. Nous tenterons d’expliquer qu’il existe certes des rétentions, mais aussi des innovations linguistiques dans ces trois dialectes.

Les verbes labiles en andi (dialecte de Zilo)
Neige Rochant, M2 SDL LLTS INaLCO
L’andi est une langue très peu documentée de la famille caucasique de l’est, parlée en République du Daghestan (Fédération de Russie). Il n’existe aucunes données publiées sur le dialecte de Zilo, qui est actuellement en cours de description.
Un verbe est dit labile s’il peut s’employer aussi bien transitivement qu’intransitivement sans modification formelle. En andi, la détection des verbes concernés par ce phénomène est rendue complexe par certains traits typologiques de la langue, et nécessite donc l’emploi de tests spécifiques permettant de déterminer si un verbe est labile. Par ailleurs, l’analyse des résultats à ces tests est cruciale pour comprendre en quoi consiste la transitivité en andi.
Dans cet exposé, on s’attachera à expliquer les caractéristiques typologiques en cause dans la difficulté à détecter les verbes labiles de l’andi, – à savoir l’alignement ergatif radical et l’absence de dérivation anticausative –, ainsi que les tests employés pour les détecter. Une analyse minimale des résultats sera fournie afin de donner un  aperçu des problématiques qu’ils soulèvent concernant la notion de transitivité en andi.
Cette étude s’appuie entièrement sur des données élicitées de première main.

Conférence

Sciences participatives et cartographie linguistique
Mathieu Avanzi, FNS & Université catholique de Louvain
Dans le domaine des sciences du langage, les projets impliquant la foule n’ont cessé de se développer au cours de ces dernières années. Pour ne mentionner que certaines des entreprises qui impliquent le français ou la France, on peut citer le site Zombilinguo (qui enjoint des utilisateurs à annoter les têtes syntaxiques dans des textes de différents « genres » en français) et son petit frère Bisame (annotation de catégories morphosyntaxiques dans des productions écrites en alsacien), la plateforme VerbaAlpina (qui a pour but de mettre au point un atlas linguistique du lexique de l’alpage des dialectes que l’on parle sur une partie de l’Allemagne, de la France, de l’Italie, de la Suisse, etc.) ou encore le site Tour de Suisse : ton accent/din dialäkt (plateforme bilingue français/allemand, dans laquelle des internautes doivent identifier différents accents tout en s’amusant). La plateforme Cartopho (Boula de Mareüil et al. 2016) a été réalisée dans le même esprit.
Le but de cette communication est de présenter les résultats d’une série d’enquêtes conduites sur le web depuis un peu plus de deux ans (v. le blog français de nos régions, ainsi que Avanzi 2017). Plus précisément, on s’attachera à montrer comment les données récoltées dans le cadre de ces enquêtes nous permettent non seulement d’évaluer la vitalité et l’aire d’extension de telle ou telle variante régionale en synchronie, mais aussi de documenter leur évolution en diachronie étroite (à plus ou moins un siècle d’intervalle) – que ce soit au moyen de la comparaison avec des cartes établies à partir de données recueillies par d’autres que nous (Gilliéron & Edmont 1902-1910 ; Martinet 1945), ou grâce à la mise au point de cartes dynamiques tenant compte de l’âge des informateurs. On terminera la présentation avec le commentaire de cartes réalisées à la suite de l’application de différentes opérations de classification automatique (ce qu’on appelle en géographie linguistique « dialectométrie », Goebl 1981) en vue de discuter de l’existence d’aires linguistiques à l’intérieur de la francophonie d’Europe.  
Avanzi, M.  (2017). Atlas du français de nos régions. Paris, Armand Colin.
Boula-de-Mareüil, Ph., Goldman, J.-Ph., Rilliard, A., Scherrer, Y., & Vernier, F. (2016). « Cartopho : un site web de cartographie de variantes de prononciation en français », Actes de la conférence JEP-TALN-RECITAL, non-paginé.
Gilliéron, J., & Edmont, E. (1902-1910). Atlas linguistique de la France. Paris: Champion.
Goebl, H. (1981). « Éléments d’analyse dialectométrique (avec application à l’AIS) », Revue de linguistique romane, 45, 349-420.
Martinet, A. (1945). La prononciation du français contemporain: Témoignages recueillis dans un camp d'officiers prisonniers. Paris/Genève : Droz.

Séance du vendredi 16 mars 2018
Le marquage différentiel de l’objet en aymara
Maddyson Borka, M2 LLTS – Université Paris 3 Sorbonne-Nouvelle & INaLCO
Le marquage différentiel de l’objet (MDO, cf. Bossong 1985) est un phénomène morphosyntaxique, qui consiste à attribuer une marque morphologique à certains objets alors que d’autres restent neutres. L’attribution de cette marque peut se faire sur la base de différents critères. On retient par exemple, le degré d’animacité de l’objet (critère sémantique), son degré de définitude (critère pragmatique) et sa propension à occuper une fonction topique au sein de l’énoncé (critère syntaxique). Il s’agit alors pour chaque langue au sein de laquelle on détecte ce phénomène d’en déterminer les facteurs déclencheurs, et le cas échéant, les potentielles interactions entre eux.
      L’aymara est une langue agglutinante, polysynthétique, majoritairement SOV et à alignement du marquage de type nominatif-accusatif. Elle est parlée principalement au Pérou et en Bolivie ainsi qu’au Chili et en Argentine dans une moindre mesure. Bien que la littérature descriptive de cette langue ait relevé le fait que certains objets soient marqués par le suffixe -ru (aussi employé comme datif ou directionnel dans d’autres contextes), alors que d’autres non, on ne dispose d’aucune description du MDO pour cette langue à l’heure actuelle.
      Cette présentation aura pour but de proposer un aperçu des facteurs déclenchant le marquage de l’objet en aymara, à travers d’une part, des sources bibliographiques issues de précédentes descriptions, et d’autre part de données récoltées sur le terrain en septembre 2017 sur la Isla Koati (Lac Titicaca – Bolivie).

La détermination nominale dans l’interlangue « fossilisée » persan-français
Zahra Sanavi Garoossi, Doctorat - INaLCO
Dans cet exposé, nous illustrons la façon dont la détermination nominale en français est appréhendée par des locuteurs persanophones en apprentissage non-guidé. L’analyse des inter-langues fossilisées nous permet d’accéder à la façon dont le locuteur représente de manière non consciente mais effective sa propre langue (L1) à travers les ré-analyses qu’il fait du système de la L2. D’après mon analyse des inter-langues fossilisées, les règles en œuvre dans le contact des langues actualisent des caractéristiques marginales et périphériques de la langue de départ qui n’ont pas toujours été prises en compte par les linguistes. Les données de cette analyse empirique peuvent contribuer aux recherches sur le fonctionnement discret du système linguistique de L1 ou de L2 en passant par l’usage effectif de chaque système dans son registre parlé.
  L’étude des convergences et des divergences entre ‘le registre écrit’ des deux langues met en relief un point commun entre le français et le persan concernant la distinction générique/référentiel. Aucune des deux langues n’utilise un marquage morphologiquement spécifique pour différentier les unités référentielles des termes génériques. L’article défini le en français est omniprésent aussi bien dans les syntagmes référentiels que dans les syntagmes génériques. Quant au persan, ni les syntagmes génériques ni les syntagmes référentiels ne sont marqués.
  A partir d’une analyse contrastive de deux corpus d’inter-langues fossilisées persan-français, je montrerai comment les apprenants persanophones en apprentissage non-guidé ré-analysent les catégories du défini référentiel et du générique du français en fonction des catégories existantes en persan parlé et comment à partir de cette ré-analyse, ils élaborent une nouvelle catégorie syntaxique ‘morphologiquement distincte’ fondée sur les convergences/divergences entre la L1 et ce qu’ils ont perçu de la L2. L’emploi de l’article le du français dans ces inter-langues fossilisées prouve la nécessité pour le locuteur persanophone de noter morphologiquement le référentiel pour le démarquer du générique.
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Structural aspects of language contact between Cypriot Greek and Cypriot Turkish
Matthias Kappler, Université Ca’ Foscari Venise
Cypriot Greek and Cypriot Turkish were and are exposed to mutual language contact on different levels. Whereas Cypriot Greek has received mostly lexical copies from Turkish, it has exerted, on the reverse side, a strong influence on the structure of Cypriot Turkish, especially in the field of syntax. The talk will focus on these contact-induced structural changes in Cypriot Turkish with the examples of embedded clauses and the modality marker miş. In particular the marker miş (Cypriot Turkish) / miʃimu (Cypriot Greek) is an interesting example of dialect contact as a reciprocal relation, being its syntactic and semantic properties in each variety related to a complex copying process in both directions.

Séance du vendredi 18 mai 2018
Paradigmes désignationnels et hétérogénéité discursive dans les discours de vulgarisation français et roumain
Anaïs Vajnovszki, M2 LLTS – Université Paris 3 Sorbonne Nouvelle & INaLCO
 On appelle paradigme désignationnel (Mortureux, 1993) le lien que le vulgarisateur établit au sein d’un discours de vulgarisation entre une notion et sa dénomination ou entre une notion et ses désignations. Ce réseau sémantique joue un rôle particulièrement important dans le cadre de la vulgarisation scientifique puisqu’il permet de construire des relations entre les mots (relations de synonymie, d’hyponymie ou d’hyperonymie suivant les cas), contribuant ainsi à la diffusion des connaissances nouvelles.
 Les points d’hétérogénéité discursive (Authier-Revuz, 1984) sont un phénomène énonciatif par lequel un « ailleurs » se fait sentir dans le discours. Cette irruption d’un « autre » peut se manifester par l’introduction d’une autre langue, d’un autre registre, d’un autre discours, d’une autre modalité de prise de sens pour un mot, d’un autre mot etc. et entraîne des bouleversements dans la configuration énonciative du discours ainsi que, comme on peut l’imaginer, sur les paradigmes désignationnels.
 Mon travail repose sur l’analyse d’un corpus composé de 6 magazines de vulgarisation scientifique en roumain et en français choisis par moi-même pour les besoins de mon mémoire de M2. Je présenterai donc ici les occurrences les plus courantes de l’hétérogénéité discursive repérées au sein du corpus, c’est-à-dire l’humour, l’oralité, le discours second et la mise en scène du discours. Le but est de déterminer quelles différences et quels points communs existent dans la manière dont l’hétérogénéité discursive se déploie dans les textes analysés en essayant de tirer des conclusions qui puissent être généralisées à d’autres textes de vulgarisation scientifique dans les langues étudiées.
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Anticausatives and lability in Romance: a diachronic comparative perspective
Michela Cennamo, University of Naples Federico II
In this talk, I will discuss the role played by the interplay of the aspectual template of verbs, the verb’s inherent meaning (the ‘root’), and the nature of the –P subject (e.g., animacy and control) in determining the distribution of the different strategies available to mark anticausativization — the active intransitive and the reflexive (SE) —, in old French, old Italian and contemporary Brazilian Portuguese, where anticausative SE is receding, as part and parcel of its demise as a voice marker (Cyrino 2013).
     I will show that in old Italian, although functioning as a marker of thematic reduction, the reflexive tends to occur most prominently with verbs lexicalizing change, alternating with the active intransitive (1), with hints of the gradual gaining ground of aspectual notions such as telicity in determining the preference of SE to mark anticausatives, interacting with the restructuring of the voice system in compound tenses.

(1)    a.     lo       mio …    sonno …    si       ruppe                     (Cennamo 2012)
                the     my          sleep       RFL     break.PST.3SG
               ‘My sleep was interrupted’
        b.     (la      terra)    ruppe…
                the earth        break.PST.3SG
                ‘(The earth) opened up …’

    The role played by aspectual notions in the diachrony of this type of intransitive alternation is also apparent in the retrenching and loss of lability for some verbs in old French, in favour of the reflexive morpheme, most typically alternating with the active intransitive, the sole/most widespread strategy in old French (2) (Heidinger 2010: 73-86):

 (2)        …  li       maz     froisse                                                     (Heidinger 2010: 34)
                   the    mast    break-into-pieces.3SG
              ‘…the mast breaks into pieces’

    A different picture obtains from the ongoing loss of SE as a voice marker in Brazilian Portuguese, whereby lability occurs also with achievements, i.e., with telic, punctual verbs in anticausative patterns (3):

(3)         a        janela       fechou                                                     (Carvalho 2014)
              the    window     close.PST.3SG
              ‘The window closed’

    Two paths of change emerge in the diachrony of anticausatives in the Romance languages investigated: (i), the gradual association of SE with verbs lexicalizing telic change in Italian and French, starting from the alternation between the reflexive and the active intransitive in old Italian, and lability as the sole/main anticausative strategy in old French, (ii), the loss of SE and the use of the active intransitive as the sole anticausativization strategy in Brazilian Portuguese. In both types of change, i.e., the loss and rise of lability, the aspectual properties of verbs play a key-role, interacting with the voice domain in Italian and Brazilian Portuguese.
    The Romance data investigated, therefore, appear to offer an interesting contribution to the current debate on the role played by the verb’s inherent meaning and its interaction and integration with the event structure template of predicates in determining argument realization, showing the relevance of these notions for a better understanding of the diachrony of anticausativization.
References
Carvalho, J. 2014. What caused labile alternation in Brazilian Portuguese?. University of S. Paulo.
Cennamo, M. 2012. Aspectual constraints on the (anti)causative alternation in Old Italian. Transactions of the Philological Society 110.3: 394-421.
Cyrino, S. 2013. Argument promotion and se-constructions in Brazilian Portuguese, in E. van Gelderen, Cennamo & J. Barðdal (eds), Argument Structure in Flux. The Naples-Capri papers. Amsterdam/Philadelphia: John Benjamins, 284-306.
Heidinger, S. 2010. French Anticausatives: a Diachronic Perspective. Berlin: de Gruyter.
Levin B. & Rappaport Hovav, M. 2005. Argument Realization. Cambridge: Cambridge University Press.

 

Année 2016-2017

Séance du vendredi 7 octobre 2016
Chams Bernard (INaLCO, Master)
Présentation du gavrouni
Dans cet exposé, nous présenterons rapidement la communauté zoroastrienne d'Iran, quelques aspects qui la caractérisent. Nous présenterons ensuite la langue parlée par cette communauté. Puis seront développées les questions de la dialectologie, de la filiation et de l'apparentement aux autres langues de la famille iranienne, en particulier le persan. Sera ensuite présentée la grammaire, de façon succinte, pour se concentrer sur certains aspects particulièrement intéressants de celle-ci (tant d'un point diachronique que synchronique) et sur certains aspects typologiques qui peuvent paraître surprenant au regard notamment du persan et de ses dialectes.

Anaïd Donabédian (SeDyL UMR8202, Inalco, CNRS, IRD)
L'arménien occidental en contact et la question des aires linguistiques en Asie occidentale
L'arménien est une langue à deux standards issus de dialectes des zones situées de part et d'autre de la frontière russo-ottomane au dix-neuvième siècle. Bien que relativement proches, les deux variantes présentent des différences dans les tendances typologiques à l'oeuvre.  Haig 2015 propose de considérer que l'Anatolie Orientale est une zone de transition, et les tendances sur lesquelles il s'appuie correspondent à des tendances  divergentes entre les deux variantes de l'arménien moderne. Nous montrerons à travers les traits principaux comment les spécificités de l'arménien occidental par rapport à l'arménien oriental peuvent apparaître comme typique de l'aire East-Anatolia telle que décrite par G. Haig, et nous commenterons à la lumière de l'arménien les tableaux d'isoglosses présentés par Haig 2015 et ceux de Stilo concernant l'aire de l'Araxe, située plus à l'Est.
Haig, G., 2015. East Anatolia: language contact in a transition zone, To appear in: Hickey, Raymond (ed.) The Cambridge Handbook of Areal  Linguistics. Cambridge: Cambridge University Press pre-publication draft (27 p.)

Séance du vendredi 4 novembre 2016
Ilja A. Seržant (University of Leipzig))
Towards Diachronic Typology of Differential O and S marking
In the paper I will discuss the main strategies for how differential marking may emerge in different languages. I will provide a list and the discussion of some cross-linguistically recurrent paths. Although the sources for the differential marking vary across languages certain cross-linguistic properties nevertheless may be established. For example, in most of the cases, differential marking stems from a convergence of historically two distinct constructions one of which is the basic transitive construction. Such is the convergence of the affirmative, basic transitive construction with NOM-ACC and the predicate-negated construction with NOM-GEN in Old Slavic, yielding NOM-ACC/GEN or the convergence of the basic NOM-ACC construction in Romance with the marked-topic “as for” construction, yielding NOM-ACC/as-for-ACC or the convergence of the cleft constructions with the basic transitive constructions in various languages of North Africa. The main motivation behind this convergence is paradigmatic levelling, I suggest. I rely here on Harris & Campell (1995: 257) who say that “the pull towards consistency between subsystems [...] is stronger than that between rules” conditioning the subsystems.
Furthermore, I will illustrate that once the new marker starts acquiring the syntactic function (of coding P or S) it simultaneously acquires new properties related to this function that were not foun